• La maison qui m’habite encore…

    Mes parents sont maintenant tous les deux décédés. Enfant, j’habitais une maison rouge. La « maison rouge » était mon adresse, c’était la maison adorée de ma mère. Fermée pendant 30 ans j’ai dû y aller avec ma sœur pour la vider en raison de sa vente imminente. La maison contient encore quelques meubles, trois pruniers, quatre orangers et toute mon enfance. Je me promène dans le jardin, il n’est pas si grand que dans mes souvenir...c’est la veille de la fête, çà sera probablement poulet aux olives demain...Ma mère prépare des cornes de gazelles, dans la cour devant la cuisine...c’est l’été et l’immense fenêtre du séjour est grande ouverte. Je m’approche, mon père et ma sœur sont tous les deux derrière un livre. Il y a des livres partout mais le soir on ne me lisait pas des histoires pour enfants, on me les racontait, c’est qu’il y a très longtemps les choses les plus extraordinaires pouvaient encore arriver... C’est la fête demain. J’aurai un ruban dans ma natte, je ne jouerai pas trop le matin pour ne pas abîmer mes chaussures mais l’après-midi j’aurais oublié qu’ils étaient neufs...je regarderai ma mère se coiffer devant son miroir, peut-être qu’elle portera son caftan bleu pâle... Je ne veux pas que cette maison soit vendue, je veux la garder en cette veille de fête, en cet été éternel, engloutie, endormie car elle n’a jamais cessé d’être mon adresse.
  • Boulevard de l’Océan

    Les photographies, des cyanotypes, sont extraites d’une série qui raconte un retour, une déambulation intime à travers la ville de Casablanca; une flânerie dans un monde intérieur à la lisière de la réalité, où l’enchantement de l’imaginaire n’est interrompu que par le doux façonnement du souvenir.